Catégorisation sémantique : trier, nommer, changer de point de vue
Mon jeu de catégorisation propose une progression complète pour apprendre à regrouper des images selon leur catégorie, à nommer ces catégories, puis à passer d'un niveau de tri à l'autre.
Voici comment le jeu est construit et comment l'utiliser, étape par étape.

Pourquoi travailler la catégorisation sémantique ?
En orthophonie, on parle de catégorisation sémantique : regrouper des éléments selon leur sens, ce qu'ils sont ou à quoi ils servent. Savoir catégoriser aide à organiser les informations, à mieux les comprendre, à les retenir et à les réutiliser dans de nouvelles situations.
Cette compétence est étroitement liée au langage : dire « les animaux » ou « les vêtements », c'est utiliser un mot qui rassemble plusieurs choses différentes. Elle soutient également le raisonnement, la mémoire et la capacité à généraliser ce qu'on a appris.
Le jeu travaille la catégorisation dans les deux sens. On trie des images dans une catégorie donnée, mais on fait aussi le chemin inverse : observer un groupe d'images déjà rassemblées et identifier le concept qui les réunit. Ce travail de conceptualisation va au-delà du simple tri : il permet de comprendre ce que les éléments ont en commun, et pas seulement de nommer le groupe.
Enfin, les catégories s'emboîtent les unes dans les autres. Une vache est un animal de la ferme, qui est lui-même un animal. C'est pourquoi le jeu travaille deux niveaux : les catégories générales (Animaux, Vêtements, Aliments…) et les sous-catégories qui les composent (Animaux de la ferme, Animaux sauvages, Animaux de compagnie…).
Ce que contient le jeu
8 supports « catégories générales » de 10 cases
24 supports « sous-catégories » de 4 cases
8 étiquettes catégories générales : Vêtements, Animaux, Aliments, Maison, Véhicules, École, Loisirs, Fêtes
24 étiquettes sous-catégories (3 pour chaque catégorie générale)
72 images de tri en couleur
Une notice d'utilisation détaillée
Les fiches et les étiquettes sont plastifiées, et les images se fixent au velcro.
Une progression en trois étapes
Étape 1 : les catégories générales
Objectif : comprendre que des objets qui ne se ressemblent pas peuvent aller ensemble, et savoir nommer le groupe.
Je trie par catégorie : on présente deux fiches et les images mélangées, avec la consigne « Tu vas ranger les images ». L'adulte guide si besoin, par la voix ou en pointant, puis s'efface peu à peu. À chaque image posée, on nomme la catégorie : « Le chien va avec les Animaux. »

Je trouve la catégorie : c'est le tri « à l'envers ». Les images sont déjà triées : la personne observe chaque groupe, identifie le concept qui rassemble les images et pose la bonne étiquette. On augmente ensuite le nombre de fiches présentées en même temps.

Étape 2 : les sous-catégories
On reprend la même démarche, mais à l'intérieur d'une seule grande catégorie. L'objectif : comprendre qu'un groupe peut lui-même se diviser en groupes plus précis.
Je trie par sous-catégorie : trois fiches d'une même famille (par exemple Animaux de la ferme, Animaux sauvages, Animaux de compagnie) et les images mélangées.

Je trouve la sous-catégorie : les images sont triées, la personne identifie le concept plus précis qui rassemble chaque groupe et place la bonne étiquette.
Quand c'est acquis, on mélange des sous-catégories issues de familles différentes.

Étape 3 : du général au particulier, et inversement
Cette étape vient une fois les deux premières bien maîtrisées. Elle travaille la flexibilité cognitive : trier autrement les mêmes images.
Je redistribue en sous-catégories : on part d'une fiche « Animaux » déjà complétée. « Maintenant, on va trier autrement. » La personne reprend les images et les répartit entre ferme, sauvage et compagnie.

Je regroupe en catégorie générale : à partir de fiches sous-catégories complétées, la personne cherche le concept plus large qui les réunit (« C'est quoi comme grande famille ? »), choisit l'étiquette parmi deux ou plus, puis rassemble toutes les images sur la fiche générale.

Pour aller plus loin
Le même matériel se prête à d'autres jeux, pour varier les situations et favoriser la généralisation.
Tri dans les boîtes : on trie dans des boîtes plutôt que sur les fiches. Les images peuvent rester visibles ou non.
Je pointe la catégorie : les étiquettes sont alignées devant la personne. On pioche une image : « Où est-ce que ça va ? » La personne pointe l'étiquette, ou la nomme selon ses possibilités.
Vocabulaire : montrer une image et la nommer, retrouver une image à partir de son nom, ou jouer aux devinettes : « J'appartiens au groupe des animaux et je vis dans l'eau. »
L'intrus : une fiche bien triée cache une ou plusieurs images qui n'ont rien à y faire. « Est-ce que toutes les images sont bien rangées ? »
Pour qui ?
Le jeu s'adresse aux orthophonistes, aux éducateurs spécialisés, aux enseignants et aux familles qui accompagnent une personne autiste (TSA), ayant un trouble du développement ou du langage. La progression permet de commencer simplement et d'avancer au rythme de chacun.




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